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11.11.2007
Portraits de centristes français : les icônes (1)
J’ai moi-même fondé mes convictions centristes autour de quelques figures marquantes, dont l’engagement et l’action politiques m’ont particulièrement impressionné.
Au premier rang de celles-ci, je placerais donc Raymond Barre, malheureusement disparu à la fin de l’été. Economiste hors pair, doté d’un humour tout en rondeurs, Raymond Barre représente pour moi l’image même de l’homme politique pragmatique, hors des querelles de camps (il n’a d’ailleurs jamais eu sa carte à l’UDF dont il a porté souvent les couleurs), capable de soutenir – du bout des lèvres – Chirac face à Mitterrand et de diriger la ville de Lyon en rassemblant droite et gauche (voire plutôt la gauche).
Je garde notamment le souvenir d’une excellente émission sur France 2, où il partageait l’invitation avec Jacques Delors : ces deux vieux sages de la politique se situaient à mille lieues des querelles stériles de la politique de l’actualité : leur recul exemplaire donnaient un peu d’air frais à une vie politique française plus axée sur les querelles de personnes que sur les débats d’idées. Un grand monsieur, donc, dont la mémoire restera malheureusement ternie par des accusations d’antisémitisme que je trouve particulièrement déplacées (même de la part de Simone Veil).
Puisque c’est d’elle qu’il s’agit, parlons donc maintenant de Simone Veil. J’aimerais pouvoir ne retenir d’elle que la femme debout, rescapée des camps, défenseur des droits des femmes face à une société figée et sclérosée, défendant à la tribune de l’assemblée sa loi dépénalisant l’avortement, femme politique, dame de fer dans un monde d’hommes, pro européenne et première femme à présider le parlement européen. Bref, j’aimerais ne retenir de Simone Veil que l’image de la femme de combats et de convictions. Une belle icône pour contrer l’idée habituelle du centre « mou ».
Malheureusement, et là, je le reconnais, je cède à un sentiment d’immédiateté, si je continue à respecter cette grande dame, je ne peux m’empêcher d’être terriblement déçu par ses dernières prises de position, notamment durant la présidentielle, et en particulier ses propos d’une rare aigreur contre monsieur Bayrou («Il ne représente que lui-même », « le pire de tous »). Tout cela pour une photo de campagne aux européennes volontairement mal choisie par son directeur de campagne (un certain François B), et qui lui aurait fait perdre plusieurs points…
Aujourd'hui Sarkozyste, Simone Veil s'émeut de temps à autres de la façon particulère qu'a notre président de traiter la question de l'immigration. Assez étrange, puisque Nicolas Sarkozy, me semble-t-il, ne prend pas les gens en traitres aujourd'hui, au vu de sa campagne ?
Ouaip. Un grand parcours, mais pour le centriste que je suis, des prises de position paradoxales aujourd’hui, qui ne la grandissent pas…
17:05 Publié dans Les icônes du centre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Modem, UDF, bayrou, arthuis, Nouveau centre, politique, actualité


Commentaires
Merci pour ta venue. Je partage bien ton opinion sur ce billet
cordialement
Ecrit par : Jeune MoDem 31 | 12.11.2007