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26.11.2007

Deux défections importantes au MoDem

Thierry Benoit débranche son MoDem

e0d87fe6bf7bbf83ac68580d5e9ae220.jpgLe député UDF de Liffré-Fougères n'adhérera pas au Mouvement des démocrates qui tient son congrès constitutif début décembre à Paris.

Benoit-Bayrou, c'est fini. Contrairement à son ami Jean Arthuis (Ouest-France d'hier), Thierry Benoit, pourtant élu en juin dernier député de la sixième circonscription Liffré-Fougères sous l'étiquette UDF-MoDem, n'adhérera pas au Mouvement des démocrates qui doit être officiellement créé début décembre à Paris.

« Je ne le porterai pas sur les fonts baptismaux, nous a indiqué hier Thierry Benoit. Il y a un mois j'ai écrit une lettre à François Bayrou en lui indiquant que nos chemins allaient se séparer. »

Le 30 novembre, lors du congrès du parti centriste démocrate-chrétien, il plaidera « pour la survie de l'UDF ». Et si celle-ci résiste à la création du MoDem, il deviendra alors, sur le banc des non-inscrits, le seul député UDF de l'Assemblée nationale. S'il n'en reste qu'un, Thierry Benoit sera lui là... « UDF, canal historique »

Voilà qui clarifie une ambiguïté née entre les deux tours de l'élection présidentielle, quand François Bayrou déclare qu'il ne votera pas Sarkozy. Comme bon nombre de militants UDF attachés au centre-droit, Thierry Benoit, qui a voté Sarkozy, tique. C'est le début du désamour.

Inscrit en préfecture comme candidat UDF-MoDem aux législatives, le conseiller général de Fougères-sud fait campagne sous le seul label UDF. Il dit non à François Bayrou qui se propose de venir le soutenir sur ses terres du pays de Fougères. Mais cette ambiguïté lui permet d'être élu à la surprise générale face à l'UMP Marie-Thérèse Boisseau. Quand François Bayrou l'accueille à l'Assemblée nationale, Thierry Benoit joue le jeu pour ne pas désobliger le sénateur fougerais Philippe Nogrix, MoDem pur et dur. Mais il est déjà sur ses gardes...

La rupture est sans doute consommée dans les Landes lors de l'Université d'été du MoDem, théâtre d'une passe d'armes Bayrou-Benoit.

Cette clarification intervient sans doute au bon moment pour le député, inscrit dans une « logique de candidature » pour la mairie de Fougères.

Il souhaite convaincre l'UMP et sa leader municipale Isabelle Biard, de former une liste commune. Rien n'est fait. Mais ce positionnement enfin clairement à droite pourrait peut-être faciliter les choses.

 Municipales: Cavada (Modem) confirme sa candidature soutenue par l'UMP à Paris

Le député européen UDF-MoDem Jean-Marie Cavada conduira une "liste de candidats de rassemblement soutenue par 5e0af2667826e74419fbec6421c3243c.jpgl'UMP" au municipales dans le XIIe arrondissement de Paris, annonce-t-il dans une interview à paraître lundi dans Le Figaro.

"Je vais conduire une liste de candidats de rassemblement soutenue par l'UMP mais aussi par des personnalités venues d'ailleurs", explique M. Cavada.

Il confirme que la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, sera seconde sur la liste, assurant que "c'est un honneur de l'avoir à mes côtés" pour "mener un combat difficile à Paris".

L'eurodéputé assure qu'il n'entend pas rejoindre le Nouveau Centre, parti des centristes ex-UDF ralliés à Nicolas Sarkozy, et déclare avoir "voulu accompagner François Bayrou jusqu'aux limites de la loyauté".

"Mais aujourd'hui, j'ai épuisé tous les recours de la loyauté. Je refuse que les militants de l'UDF-MoDem soient sacrifiés aux négociations municipales ou à l'échéance présidentielle de 2012", déclare-t-il.

Le nom de M. Cavada était régulièrement cité comme possible tête de liste dans le XIIe, arrondissement dont la reconquête est cruciale si l'UMP veut espérer ravir la mairie de Paris.

Il avait dit le 12 novembre qu'il serait candidat en cas d'accord entre son parti et l'UMP, mais avait aussitôt été désavoué par la chef de file de l'UDF-MoDem pour les municipales à Paris, Marielle de Sarnez, qui avait récusé tout accord avec le parti présidentiel.

"À ceux qui menacent de m'exclure, je rappelle que les adhérents et les sympathisants du MoDem parisien, notamment, demandent des primaires", déclare M. Cavada au Figaro.

"Les électeurs du MoDem doivent savoir pour qui ils voteront en réalité au deuxième tour si les candidats (...) arrivent en troisième position. Seront-ils appelés à voter pour Bertrand Delanoë et l'union PS-Verts, ou pour les membres de la majorité et les quelques éléments de la gauche qui se rassemblent autour de Françoise de Panafieu?", interroge-t-il.

"J'appelle les militants du MoDem à réclamer cette clarification dès avant le premier tour. S'ils ne l'obtiennent pas, cela voudra dire que les candidats de leur parti se vendront au plus offrant. Ce sera de la politicaillerie", estime M. Cavada.

L'eurodéputé confirme avoir "vu Nicolas Sarkozy le 9 novembre, mais il ne m'a pas promis de ministère!". "Il ne m'a pas fait de demande pressante, mais il m'a expliqué que le XIIe était un arrondissement stratégique. Je lui ai dit que j'y réfléchirais. Aujourd'hui, ma décision est prise", assure-t-il.

Concernant le positionnement politique de M. Bayrou, qui organise samedi et dimanche le congrès fondateur de son nouveau parti, le Mouvement démocrate, M. Cavada juge que "François Bayrou a un programme romantique, mais un tempérament qui lui fait refuser l'obstacle de la décision".

"S'il avait voulu que ses idées prévalent, il aurait pu négocier une alliance de gouvernement sur la base d'un programme minimal," souligne-t-il.