« Sur le site de Marianne | Page d'accueil | Pendant ce temps, les sénateurs bossent ! »
28.11.2007
Réflexions de Julien Fretel sur les évènements récents au MoDem
L'investiture de Jean-Marie Cavada pour conduire la liste UMP du XIIe arrondissement de Paris n'est-elle pas d'abord le signe de l'échec de la stratégie d'autonomie de l'UDF-MoDem ?
- Ce n'est pas le signe d'un échec de sa stratégie d'autonomie, mais d'un échec dans l'organisation du parti. François Bayrou et Marielle de Sarnez passent leur temps à faire et refaire les mêmes erreurs. Ils privilégient avant tout ce qui brille. Pour eux, c'est un avertissement, et cela montre que l'UDF-MoDem est un parti-passoire.
Jean-Marie Cavada est monté très rapidement dans la direction de l'UDF-MoDem. L'ancien président de Radio France est devenu député européen en très peu de temps, sans culture de parti ni loyauté particulière vis-à-vis d'une formation dans laquelle il est arrivé par le haut.
François Bayrou et Marielle de Sarnez passent leur temps à recruter des notables économiques et médiatiques, puis ils s'étonnent de les voir se tourner vers plus offrant. Christian Blanc, par exemple (ancien président d'Air France), a lui aussi quitté l'UDF-MoDem. Et si l'acteur Vincent Lindon, qui a soutenu François Bayrou durant la présidentielle, le voulait, il pourrait très bien être tête de liste dans un arrondissement parisien. Sans garanties sur ce qu'il ferait ensuite.
Alors pourquoi François Bayrou ne tient-il pas ses troupes ? C'est parce qu'il ne sait pas former ses militants. Le paradoxe, c'est que l'un des enjeux du congrès fondateur du MoDem, qui a lieu le week-end prochain, est justement le rapport entre les militants et les élus. On le voit sur les blogs: les nouveaux adhérents réclament des statuts qui garantissent la démocratie interne. Ils sont demandeurs d'une clarification.
Le mode de scrutin peut également jouer. François Bayrou a bien sûr moins de problèmes avec ses élus pour les élections européennes et régionales, qui sont à la proportionnelle. Mais c'est surtout un cas d'école de sciences politiques. On peut opposer les partis de masse, où c'est par le travail militant qu'on devient un élu, aux partis de notables, avec des élus qui ne doivent rien à leur parti.
Marielle de Sarnez peut-elle encore espérer peser dans le duel entre Bertrand Delanoë et Françoise de Panafieu ?
- Elle le peut encore. L'UDF-MoDem a tendance à sous-estimer ses forces. On a vu lors des élections législatives que ce parti est capable de faire de bons scores, même sans personnalités. Donc je ne pense pas que le départ de Jean-Marie Cavada casse la dynamique interne du mouvement.
Jean-Marie Cavada est-il capable de faire basculer le XIIe arrondissement ?
- Le XIIe est un arrondissement clé pour gagner les élections. C'est pour cela que Jean-Marie Cavada a sans doute beaucoup obtenu de l'UMP. Il a d'ailleurs reconnu à demi-mots que Nicolas Sarkozy lui a fait des propositions.
Mais il n'est pas du tout évident que l'identité de Jean-Marie Cavada aide beaucoup l'UMP à gagner. C'est un centriste qui a fait la campagne présidentielle de François Bayrou. Il peut être considéré comme un traitre à la fois à droite et au centre. Et, à quelques mois des élections, tout cela fait petite cuisine électorale.
Interview de Julien Fretel réalisée par Baptiste Legrand (Nouvel Observateur)
(le lundi 26 novembre 2007)
14:00 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : udf, modem, bayrou, sarnez, cavada


Commentaires
merci d'avoir signalé cet article ! je reprends l'info sur France démocrate http://www.francedemocrate.info/spip.php?breve327
Ecrit par : FrédéricLN | 29.11.2007