15.11.2007

Portraits de centristes français : les icônes (2)

Continuons maintenant notre tour d’horizon des figures du centrisme français par une autre personnalité, Pierre Mendès France.

Pierre Mendès France, c’est l’homme qui a dit " La Francepeut supporter la vérité (...). Certains redoutent qu'un langage loyal et ferme sur la situation présente n'entraîne le découragement. C'est qu'ils n'ont pas foi dans la volonté et dans l'aptitude de la Nation à se redresser. Pour eux, la France, épuisée physiquement et nerveusement, est incapable de supporter la vérité. "

Pierre Mendès France, c’est l’homme qui en sept mois et dix-sept jours comme Président du Conseil a fait naître un nombre incalculable de vocations centristes. Pour lui, l'action gouvernementale c’est un contrat avec la Nation. Il inaugure une nouvelle forme de dialogue avec les Français : leur parler, simplement. Tous les samedi, il intervient sur les ondes !

9f585027c5e8faf6428a067784108bf3.jpgPierre-Mendès France, c’est l’homme qui enclenchera la décolonisation, la réconciliation avec l’Allemagne, qui tentera de construire la Communauté Européenne de Défense (CED), et qui saura démissionner du gouvernement quand il sera en désaccord avec la politique française en Algérie.

Pierre Mendès France, appelons le PMF comme dans mes prises de notes en cours d’histoire, c’est un peu une légende pour tous les centristes, rendons lui cet hommage.

Et ne résistons pas à lire ces quelques paroles, où il réaffirme l’exigence que " le régime républicain soit fondé sur les relations étroites qui seules permettent la franchise réciproque la plus complète ; celle du gouvernement qui explique sa politique, jour après jour, qui ne biaise pas, qui ne dissimule pas et qui n'hésite pas à faire fond sur le bon sens, le courage et la foi du pays ; celle du Parlement qui exprime fidèlement la volonté populaire et la fait respecter et celle du pays tout entier qui doit choisir son destin en pleine connaissance de cause pour l'accomplir d'une volonté affermie. "

Quelle sagesse !

11.11.2007

Portraits de centristes français : les icônes (1)

La galaxie centriste, aujourd’hui dispersée, sait se rassembler autour de quelques icônes que les différents leaders des partis du centre aiment à citer, comme des gages de leur orthodoxie centriste. C’est le besoin sommes toutes assez naturel de se trouver des références, permettant de donner du poids au discours.

 

J’ai moi-même fondé mes convictions centristes autour de quelques figures marquantes, dont l’engagement et l’action politiques m’ont particulièrement impressionné.

235dccf5ff99ade8c8baf954665881bc.jpgAu premier rang de celles-ci, je placerais donc Raymond Barre, malheureusement disparu à la fin de l’été. Economiste hors pair, doté d’un humour tout en rondeurs, Raymond Barre représente pour moi l’image même de l’homme politique pragmatique, hors des querelles de camps (il n’a d’ailleurs jamais eu sa carte à l’UDF dont il a porté souvent les couleurs), capable de soutenir – du bout des lèvres – Chirac face à Mitterrand et de diriger la ville de Lyon en rassemblant droite et gauche (voire plutôt la gauche).

Je garde notamment le souvenir d’une excellente émission sur France 2, où il partageait l’invitation avec Jacques Delors : ces deux vieux sages de la politique se situaient à mille lieues des querelles stériles de la politique de l’actualité : leur recul exemplaire donnaient un peu d’air frais à une vie politique française plus axée sur les querelles de personnes que sur les débats d’idées. Un grand monsieur, donc, dont la mémoire restera malheureusement ternie par des accusations d’antisémitisme que je trouve particulièrement déplacées (même de la part de Simone Veil).

2c7cd51dc75f33d3cc246e14f0f91ed3.jpgPuisque c’est d’elle qu’il s’agit, parlons donc maintenant de Simone Veil. J’aimerais pouvoir ne retenir d’elle que la femme debout, rescapée des camps, défenseur des droits des femmes face à une société figée et sclérosée, défendant à la tribune de l’assemblée sa loi dépénalisant l’avortement, femme politique, dame de fer dans un monde d’hommes, pro européenne et première femme à présider le parlement européen. Bref, j’aimerais ne retenir de Simone Veil que l’image de la femme de combats et de convictions. Une belle icône pour contrer l’idée habituelle du centre « mou ».

Malheureusement, et là, je le reconnais, je cède à un sentiment d’immédiateté, si je continue à respecter cette grande dame, je ne peux m’empêcher d’être terriblement déçu par ses dernières prises de position, notamment durant la présidentielle, et en particulier ses propos d’une rare aigreur contre monsieur Bayrou («Il ne représente que lui-même », « le pire de tous »). Tout cela pour une photo de campagne aux européennes volontairement mal choisie par son directeur de campagne (un certain François B), et qui lui aurait fait perdre plusieurs points…

Aujourd'hui Sarkozyste, Simone Veil s'émeut de temps à autres de la façon particulère qu'a notre président de traiter la question de l'immigration. Assez étrange, puisque Nicolas Sarkozy, me semble-t-il, ne prend pas les gens en traitres aujourd'hui, au vu de sa campagne ?

Ouaip. Un grand parcours, mais pour le centriste que je suis, des prises de position paradoxales aujourd’hui, qui ne la grandissent pas…