18.04.2008
Centristes et gaullistes, unissons-nous !
Je ne sais pas pourquoi, je suis abonné à la lettre électronique de NDA, de DLR. De qui s'agit-il ? Ben de Nicolas Dupont Aignan de Debout la République !
J'avoue que je ne la lis pas à chaque fois, mais en ces temps de communication gouvernementale cacophonique, et après le vote par NDA de la censure sur l'OTAN et l'Afghanistan, je l'ai cette fois parcourue.
Je vous en confie certains extraits que je trouve assez juste de la part d'un des derniers gaullistes assumés et revendiqués :
La France serait-elle victime d'une malédiction ? D'un côté, la gauche la plus conservatrice du monde qui ne veut pas réformer, de l'autre la droite la plus maladroite qui ne sait pas réformer ! (Et les centristes dans tout ça ??????)
La cacophonie gouvernementale de ces derniers jours n'augure en effet rien de bon. Une fois de plus tout semble être fait exprès pour faire échouer des réformes pourtant parfois nécessaires.
Mais au-delà de la méthode, chaotique, l'explication ultime n'est-elle pas plutôt la confusion entretenue par les responsables eux-mêmes sur le sens et les buts des « réformes » ? A-t-on vraiment expliqué aux Français pour quoi on réforme ? Le gouvernement en a-t-il d'ailleurs encore conscience lui-même ? A force d'user jusqu'à la corde le mot magique ou maudit des « réformes », n'escamote-t-on pas l'essentiel : vers quel modèle de société nous conduisent-elles ?
Si en 1958 le Général de Gaulle a pu transformer le pays, c'est bien car il a mis en perspective l'effort à accomplir. L'objectif était grand et mobilisateur. Il s'agissait de rendre à la France son indépendance et sa force. Il s'agissait aussi de mieux partager entre tous les Français les fruits de l'effort.
Or aujourd'hui c'est au contraire le brouillard le plus complet. Pire, la réforme apparaît dictée depuis l'extérieur, par des instances supranationales et des gros intérêts totalement indifférents aux aspirations des Français. Précipitation, impréparation, incohérence, double langage, injustice,... comment dans ces conditions les Français pourraient-ils adhérer à l'action gouvernementale ?
En témoigne, par exemple, la privatisation des services publics, qui aboutit inévitablement à leur dégradation ou leur démantèlement, pour se conformer aux oukases de Bruxelles : la palme de cette politique antinationale revient ainsi à la privatisation rampante d'EDF et de GDF, qui entraîne l'explosion de leurs tarifs pour profiter à quelques actionnaires sans garantir notre indépendance énergétique ni l'accès bon marché et égal de chaque citoyen à cette ressource vitale ! De même, on rabote l'armée pour la placer sous l'influence de l'OTAN, ce qui permet au passage de réaliser des économies budgétaires immédiates mais qui se paieront au centuple un jour. Enfin, on autorise les OGM pour satisfaire l'avidité des multinationales nord-américaines comme Monsanto?(bon, là sur ce paragraphe je ne suis pas du tout d'accord et je trouve ces arguments simplistes mais la suite vaut la peine)
Comment prétendre susciter l'adhésion des Français dans ces conditions ? Pour moderniser notre pays il faut bien évidemment réformer, mais en expliquant le sens et l'objectif des actions à mener. Mais encore faudrait-il que l'intérêt national et la justice sociale inspirent l'ensemble des politiques publiques, ce qui n'est manifestement plus le cas. S'attaquer à tous les privilèges, et pas seulement à ceux des petits, muscler notre économie, rationaliser notre Etat,? sont des instruments qui doivent être mis au service d'un projet de société plus vaste et réellement mobilisateur : le redressement de la France au service de tous les Français et non son abaissement permanent.
Et vous, vous en pensez quoi ?
17:38 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : udf, modem, centre, dupont aignan, debout la république
21.01.2008
Je ne reprendrai pas ma carte au MoDem
Les centaines de milliers de lecteurs l'auront déjà remarqué, les couleurs dominantes des pages de ce blog ont un peu changé. De l'orange vif, on est passé au maronâtre un peu fade (bon, j'aurais pu faire encore plus laid mais il fallait alors que je paie un abonnement, ce à quoi je ne suis pas disposé).
Alors, qu'est ce qui motive ce changement ?
Et bien, simplement une décision que j'ai prise ce week end. Je suis passé de l'Ultra MoDem au centriste égaré. Et si je vais bel et bien faire campagne pour mon candidat MoDem dans mon arrondissement, je ne reprendrai pas ma carte lorsqu'il s'agira de la renouveler. Je resterai un sympathisant, mais je ne tiens plus à être le représentant d'un mouvement dont je vois plus les dérives que les apports à la vie politique française.
Déjà cet été j'avais pensé arrêter mon engagement politique. Et puis les personnes rencontrées dans ma section parisienne m'avaient donné envie de perséverer. Mais je sens bien que depuis quelques semaines, l'enthousiasme n'est plus là.
Plusieurs raisons m'ont amené à cette décision :
- ma famille politique d'origine, c'est l'UDF. Plus précisément l'UDF d'après 2002, celle qui participe à l'action mais qui ne transige pas sur ses convictions. Celle qui vote la censure, qui vote contre le budget ou qui, à chaque fois qu'elle conteste ou critique un projet gouvernemental, a une contre proposition argumentée à faire. Le site de l'UDF était alimenté quotidiennement des prises de position des députés ou sénateurs. Et ben vraiment ça bossait là bas ! Il y avait aussi les colloques, moins médiatiques que ceux de l'UMP mais très pointus, avec les interventions d'experts de tous bords. Franchement, ça avait de la gueule. C'était discret, mais un vrai apport au débat d'idées, reconnu même par les adversaires politiques. Aujourd'hui, sur le site du MoDem, on relaie à peine le travail des sénateurs. On ne retrouve pratiquement que les prises de position du Gourou et de la prêtresse. Pas dénuées d'intérêt, certes, mais parfois un peu trop paroles d'évangile. Surtout qu'il y a aujourd'hui un site pour le MoDem et encore un site pour Bayrou, dont le compte à rebours, qui était fixé sur le second tour des présidentielles, tourne aujourd'hui à l'envers... Tout un symbole ? Bref. D'un parti qui savait mettre en avant le travail remarquable de ses parlementaires, j'ai l'impression de me retrouver dans un parti où seule les paroles du chef et de sa fidèle n°1 sont mises en avant. On passe de la critique constructive à la critique tout court. Dommage. Et puis cette mascarade de la démocratie interne.... enfin passons.
- Je ne crois pas vraiment les critiques de certains qui reprochent à Bayrou d'aimer le culte de la personnalité qui lui est fait au MoDem. Si je l'appelle le grand gourou, c'est plus de l'humour qu'autre chose. L'homme en lui même est bon. Bayrou est intelligent est fin, il a un regard et une analyse très pertinents sur la société d'aujourd'hui. Il est capable d'impulser une vision, des valeurs, et un vrai engouement populaire sans être populiste. C'est la raison pour laquelle je l'ai suivi à l'UDF, aux présidentielles de 2002 et 2007 puis au MoDem. Mais c'est aussi un piètre stratège et un très mauvais manager.
Le piètre stratège. Après avoir cru dur comme fer à la stratégie autonomiste du centre, je me rends compte aujourd'hui qu'elle est vouée à l'échec. Les cas de Lyon, Caen ou Marseille que je citais la semaine dernière en sont une illustration. Cette stratégie est ambigue et je crains que les élécteurs du 1er tour n'aient cure des alliances de deuxième tour: ils voteront du coté où ils penchent naturellement, pas de celui où on leur dira de pencher. Cette stratégie est ambigue, aussi, parce que pendant qu'on défend l'autonomie à l'assemblée et aux municipales, notre groupe de sénateurs (dont le travail est remarquable, sincèrement), vote la plupart des lois avec l'UMP. Et Bayrou fera tout pour garder le groupe de sénateurs, c'est un apport financier non négligeable. C'est le grand écart du MoDem, qui perd ainsi en lisibilité et en cohérence !
Le très mauvais manager. Bayrou est donc, aussi, un très mauvais manager. On ne reviendra pas sur l'épisode des traitres qui ont fui dans l'entre deux tours. Si je regrette le départ de tous ces députés et cadres de l'UDF dans leurs camps de réfugiés respectifs, ça ne m'empèche pas pour autant de les comprendre par certains cotés. On peut reprocher à Morin ou Leroy, à Lagarde même si l'on veut d'être opportunistes et carrieristes. Je ne pense pas qu'on puisse le dire de Courson, Bourlanges ou - même - Cavada. Ces gens là, c'est mon analyse, ont été victimes du "mirage" Bayrou, qui mêle admiration et amitié passionnelle. Se sentant trompés et trahis par les évènements de l'entre deux tours, ils se sont réveillés et l'ont quitté avec mépris parfois. Ils ont tout donné pendant 5 ans pour FB, ont refusé des postes ministériels et supportés les menaces et intimidations de l'UMP. Et voila que BAyrou, par haine pour Sarko, leur refuse à nouveau la possibilité de travailler avec lui, les condamne à l'opposition pour les cinq années à venir ? Pour moi, il aurait été beaucoup plus constructif de travailler ensemble à la constitution d'une nouvelle majorité, et de la quitter le jour où les divergences étaient trop grandes. Au lieu de cela, Bayrou a préferé la Tour d'Ivoire. C'était son droit, mais je ne suis pas sûr qu'en faisant ça il gagne en crédibilité...
- enfin, et vous avez certainement eu l'occasion de le lire ici, je n'apprécie guère Marielle de Sarnez. Non pour la personne elle-même, mais pour sa façon de faire de la politique, de gérer ses équipes et pour son influence sur Bayrou. Je me demande comment cette femme qui n'a jamais rien prouvé électoralement (elle a tout de même été éliminée au premier tour des législatives en 2007, ça fait bizarre pour le leader du MoDem à Paris) a pu se hisser à cette place et y rester. Je reconnais que son projet pour Paris est le meilleur, et je voterai pour le MoDem aux municipales, puisque je ferai la campagne du MoDem dans mon arrondissement. Mais je ne comprends pas comment elle a si mal géré ses équipes qu'elle ait réussi à perdre des cadres qui pourtant avaient suivi BAyrou jusqu'aux législatives !! Tenait elle vraiment à les garder, ces Gibault, Saint Etienne et autres Stasi ? Et qu'en serait il aujourd'hui de Bariani, si BAyrou n'avait pas insisté pour l'avoir en tête de liste ? Je comprenais la situation - déjà calamiteuse - pour les investitures aux législatives, je ne la comprends pas aux municipales. Le renouvellement est une chose nécessaire, mais qui ne se prépare pas dans la précipitation, et l'UDF-MoDem parisien a perdu presque tous ses cadres en 6 mois. C'est pour moi une grande perte et le signe aussi d'un grand mépris des personnalités non alignées totalement sur la ligne officielle.
Bref. Voila quelques lignes qui clarifient ma position. Désormais je serai un sympathisant LIBRE du Modem mais plus obligé d'avaler des couleuvres en permanence.
22:00 Publié dans actualités centristes | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : udf, modem, centre, nouveau centre, ump, sarnez, bayrou
15.11.2007
Portraits de centristes français : les icônes (2)
Continuons maintenant notre tour d’horizon des figures du centrisme français par une autre personnalité, Pierre Mendès France.
Pierre Mendès France, c’est l’homme qui a dit " La Francepeut supporter la vérité (...). Certains redoutent qu'un langage loyal et ferme sur la situation présente n'entraîne le découragement. C'est qu'ils n'ont pas foi dans la volonté et dans l'aptitude de la Nation à se redresser. Pour eux, la France, épuisée physiquement et nerveusement, est incapable de supporter la vérité. "
Pierre Mendès France, c’est l’homme qui en sept mois et dix-sept jours comme Président du Conseil a fait naître un nombre incalculable de vocations centristes. Pour lui, l'action gouvernementale c’est un contrat avec la Nation. Il inaugure une nouvelle forme de dialogue avec les Français : leur parler, simplement. Tous les samedi, il intervient sur les ondes !
Pierre-Mendès France, c’est l’homme qui enclenchera la décolonisation, la réconciliation avec l’Allemagne, qui tentera de construire la Communauté Européenne de Défense (CED), et qui saura démissionner du gouvernement quand il sera en désaccord avec la politique française en Algérie.
Pierre Mendès France, appelons le PMF comme dans mes prises de notes en cours d’histoire, c’est un peu une légende pour tous les centristes, rendons lui cet hommage.
Et ne résistons pas à lire ces quelques paroles, où il réaffirme l’exigence que " le régime républicain soit fondé sur les relations étroites qui seules permettent la franchise réciproque la plus complète ; celle du gouvernement qui explique sa politique, jour après jour, qui ne biaise pas, qui ne dissimule pas et qui n'hésite pas à faire fond sur le bon sens, le courage et la foi du pays ; celle du Parlement qui exprime fidèlement la volonté populaire et la fait respecter et celle du pays tout entier qui doit choisir son destin en pleine connaissance de cause pour l'accomplir d'une volonté affermie. "
Quelle sagesse !
22:50 Publié dans Les icônes du centre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : centre, radical, bayrou, udf, modem, ump, mendes france
14.11.2007
Première rencontre officielle entre les deux partis radicaux valoisien et PRG
Jean-Louis Borloo et André Rossinot, co-présidents du Parti radical, et Jean-Michel Baylet, président du PRG, se sont retrouvés avec leur délégations respectives autour d'un déjeuner, pour ouvrir "concrètement le dialogue" entre les deux familles politiques "historiquement proches".
"On essaie de fermer la parenthèse" de 1972 à 2007, a déclaré le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, à son arrivée alors que Jean-Michel Baylet soulignait que les deux partis avaient "une histoire commune". "Nous sortons du même moule même si on ne se ressemble plus tout à fait parfaitement", a-t-il dit en relevant "la laïcité qui nous unis".
La rencontre vise à installer "trois groupes de travail" ayant pour thèmes "l'Europe, le développement durable et la laïcité".
Le rapprochement entre les deux formations avait été initié dès après l'élection présidentielle : M. Baylet, sénateur du Tarn-et-Garonne, qui avait soutenu dès le premier tour de l'élection présidentielle Ségolène Royal, avait souhaité établir "un dialogue" avec les radicaux "valoisiens", suscitant des remous dans sa propre parti.
Les deux formations sont séparées depuis 35 ans. C'est en 1972 que le plus vieux parti de France, dominant sous la IIIème République et puissant sous la IVème, s'était scindé, son aile gauche signant le "programme commun" avec PS et PCF.
Malgré cette volonté de rapprochement avec les "valoisiens" - le Parti radical a gardé le siège Rue de Valois-, M. Baylet continue de se réclamer "clairement de gauche" et a participé mardi à un sommet des partis de gauche avec notamment le patron du PS, François Hollande,
De son côté, André Rossinot a estimé mardi qu'un rapprochement de sa formation avec le PRG vise à occuper à terme le centre de l'échiquier politique.
La rencontre, qui coïncide avec une journée de mobilisation et de grève dans les transports publics, intervient trois jours avant le Congrès du Parti radical les 17 et 18 novembre à Paris, qui doit installer Jean-Louis Borloo à la présidence de ce parti.
Bon, l'initiative de ce rapprochement n'est clairement pas étrangère à Sarkozy pour contrer, en plus de la création du Nouveau Centre, l'émergence d'une nouvelle force politique à travers le Mouvement Démocrate. A ce titre, les propos de notre ami futur ex-co-président du PR sont suffisamment éloquents. Par ailleurs, cette initiative ne pourrait être crédible et durable que si ces deux partis, réunis, s'affranchissaient délibérément de leurs alliances traditionnelles avec le PS pour le PRG et l'UMP pour le PR. Pour ce dernier, cet élément serait d'autant moins aisé que le parti est statutairement lié à l'UMP : tout membre du PR devient de droit membre de l'UMP. Alors, de là à se séparer du grand frère, je pense que ce n'est pas demain la veille.
Mais tout cela étant dit, je ne peux que me réjouir de l'émergence à venir d'une nouvelle force centriste et européenne !
16:35 Publié dans Pour le rassemblement des centristes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : parti radical, valoisien, udf, ump, modem, nouveau centre, centre
10.11.2007
Le congrès du Nouveau Centre
On l'apprend sur le site des Jeunes Centristes (mouvement jeune du NC, www.jeunes-centristes.org), le conseil national du Nouveau Centre aura lieu le DIMANCHE 16 DECEMBRE 2007
à la MAISON DE LA CHIMIE - 28, rue Saint-Dominique - 75007 PARIS.
Bon, y a pas un moment où l'UDF, le MoDem, Cap 21, le Nouveau Centre... en auront marre de faire des congrès et des conseils nationaux séparément ?
Honnètement, ça ne rime pas à grand chose...
16:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Modem, UDF, bayrou, Nouveau centre, politique, actualité, centre
Portraits de centristes français
Dans les prochaines semaines, je vous livrerai une série d'articles intitulée "Portraits de centristes français", essayant de classifier de façon très personnelle je le reconnais les différentes figures qui ont marqué ou qui marquent l'histoire du centre en France.
A venir, donc, les articles suivants :
-1. Les icônes du centre
-2. Les valeurs sûres d'aujourd'hui
-3. Les opportunistes
-4. Les centristes "gentils"
-5. Les jeunes pousses prometteuses
-6. Les fidèles parmi les fidèles
J'ajoute qu'il ne sera pas fait mention dans ce listing de monsieur Bayrou, qui pourrait rentrer dans plusieurs des catégories citées. ..
A très vite et bonne lecture.
16:05 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Modem, UDF, bayrou, Nouveau centre, politique, actualité, centre

