22.04.2008

JC Lagarde sur France Inter

Ecoutez et regardez sans modération...

Il a vraiment pas envie de prendre en main le NC et de virer Morin ?

18.04.2008

Centristes et gaullistes, unissons-nous !

Je ne sais pas pourquoi, je suis abonné à la lettre électronique de NDA, de DLR. De qui s'agit-il ? Ben de Nicolas Dupont Aignan de Debout la République !

J'avoue que je ne la lis pas à chaque fois, mais en ces temps de communication gouvernementale cacophonique, et après le vote par NDA de la censure sur l'OTAN et l'Afghanistan, je l'ai cette fois parcourue.

Je vous en confie certains extraits que je trouve assez juste de la part d'un des derniers gaullistes assumés et revendiqués :

La France serait-elle victime d'une malédiction ? D'un côté, la gauche la plus conservatrice du monde qui ne veut pas réformer, de l'autre la droite la plus maladroite qui ne sait pas réformer ! (Et les centristes dans tout ça ??????)

La cacophonie gouvernementale de ces derniers jours n'augure en effet rien de bon. Une fois de plus tout semble être fait exprès pour faire échouer des réformes pourtant parfois nécessaires.

1909197769.jpgMais au-delà de la méthode, chaotique, l'explication ultime n'est-elle pas plutôt la confusion entretenue par les responsables eux-mêmes sur le sens et les buts des « réformes » ? A-t-on vraiment expliqué aux Français pour quoi on réforme ? Le gouvernement en a-t-il d'ailleurs encore conscience lui-même ? A force d'user jusqu'à la corde le mot magique ou maudit des « réformes », n'escamote-t-on pas l'essentiel : vers quel modèle de société nous conduisent-elles ?

Si en 1958 le Général de Gaulle a pu transformer le pays, c'est bien car il a mis en perspective l'effort à accomplir. L'objectif était grand et mobilisateur. Il s'agissait de rendre à la France son indépendance et sa force. Il s'agissait aussi de mieux partager entre tous les Français les fruits de l'effort.

Or aujourd'hui c'est au contraire le brouillard le plus complet. Pire, la réforme apparaît dictée depuis l'extérieur, par des instances supranationales et des gros intérêts totalement indifférents aux aspirations des Français. Précipitation, impréparation, incohérence, double langage, injustice,... comment dans ces conditions les Français pourraient-ils adhérer à l'action gouvernementale ?

En témoigne, par exemple, la privatisation des services publics, qui aboutit inévitablement à leur dégradation ou leur démantèlement, pour se conformer aux oukases de Bruxelles : la palme de cette politique antinationale revient ainsi à la privatisation rampante d'EDF et de GDF, qui entraîne l'explosion de leurs tarifs pour profiter à quelques actionnaires sans garantir notre indépendance énergétique ni l'accès bon marché et égal de chaque citoyen à cette ressource vitale ! 
De même, on rabote l'armée pour la placer sous l'influence de l'OTAN, ce qui permet au passage de réaliser des économies budgétaires immédiates mais qui se paieront au centuple un jour. Enfin, on autorise les OGM pour satisfaire l'avidité des multinationales nord-américaines comme Monsanto?(bon, là sur ce paragraphe je ne suis pas du tout d'accord et je trouve ces arguments simplistes mais la suite vaut la peine)

Comment prétendre susciter l'adhésion des Français dans ces conditions ? Pour moderniser notre pays il faut bien évidemment réformer, mais en expliquant le sens et l'objectif des actions à mener. Mais encore faudrait-il que l'intérêt national et la justice sociale inspirent l'ensemble des politiques publiques, ce qui n'est manifestement plus le cas. S'attaquer à tous les privilèges, et pas seulement à ceux des petits, muscler notre économie, rationaliser notre Etat,? sont des instruments qui doivent être mis au service d'un projet de société plus vaste et réellement mobilisateur : le redressement de la France au service de tous les Français et non son abaissement permanent.

Et vous, vous en pensez quoi ?

17.04.2008

Marre des centristes !!

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Bon, j’ai mis en ligne il y a un mois ce sondage dont les résultats apparaissent dans la colonne de gauche.

Outre le fait que seulement 16 personnes se soient exprimées, les résultats ne me satisfont pas du tout, mais alors pas du tout… quand on dit que les centristes ont « le cul entre deux chaises » : la plus grosse part des votants (38%) estiment que le résultat est « contrasté ». Bon, et ben on n’est pas plus avancés. J’aurais jamais du proposer cette réponse…

Après, un seul vote sépare ceux qui estiment que le résultat est « un échec » (5 votes) et ceux qui estiment qu’il est « un succès » (4 votes).

Quant aux 6% qui prennent la peine de voter pour dire qu’ils sont « sans opinion », alors là je dis chapeau !!!

Voila. Si j’en crois ce sondage, les centristes ont un point de vue « contrasté » sur les municipales. Voila qui va aider le MoDem à tirer des conclusions sur cette élection…

14.04.2008

Alliance centriste

Depuis longtemps je milite pour le rassemblement des centristes. Par conséquent et tout naturellement, je m’associe à la démarche initiée par l’Hérétique et quelques autres blogueurs pour fédérer ceux qui sont dépités par la diaspora centriste dans une même Widget. Il s’agit d’une démarche d’ouverture, de rassemblement et de débat qui ne peut que faire du bien à une blogosphère centriste aussi éparpillée que les partis qu’elle représente.

 

Vous la trouverez dans la colonne de droite de ce blog.

03.04.2008

Une première réponse

Voici une première réponse à mes interrogations : le renoncement de JC Lagarde à sa candidature pour la présidence du Nouveau Centre me permet d’être désormais certain que je ne rejoindrai pas ce parti, à court ou moyen terme. Je n’ai pas d’animosité particulère contre Hervé Morin, mais je doute qu’il ait la personnalité nécessaire pour faire de ce parti un vrai parti qui compte au sein de la majorité, ce qui aurait selon moi pu être le cas avec Lagarde.

Affaire à suivre !

LFDB

 

17.03.2008

L'interprétation des résultats par Arthuis et Cornillet

PARIS (AFP) — Le sénateur Jean Arthuis, membre du bureau exécutif du Mouvement Démocrate, a jugé lundi que les municipales ont montré "l'échec de la stratégie d'autonomie" du MoDem, et réclamé une "réunion d'urgence" de ses instances dirigeantes et de celles de l'UDF, qu'il veut "faire revivre".

"On est dans une impasse stratégique", a estimé M. Arthuis, interrogé par l'AFP. "Le MoDem est complètement illisible dans cette élection. Dans ses alliances à la carte je n'ai pas trouvé de référence programmatique".

"Je n'imagine pas rester au sein du MoDem. Je suis frappé par l'inorganisation du mouvement, par une gouvernance insaisissable", a-t-il ajouté. Il a exprimé son souhait de "faire revivre l'UDF", estimant qu'il faut "sortir de ce kaléidoscope incompréhensible et illisible".

Le sénateur de Mayenne va donc demander au président du MoDem François Bayrou "de convoquer les instances dirigeantes d'urgence", celles du MoDem mais aussi celles de l'UDF qui selon les décisions du congrès de Villepinte (Seine-Saint-Denis) "existent toujours juridiquement".

Aux municipales, "les seules élections de membres du MoDem sont le fruit d'alliances avec des formations de droite", a-t-il fait valoir en citant les exemples de Mont-de-Marsan, Saint-Brieuc et Talence.

"Je veux que nous recréions la grande famille centriste telle que l'UDF en a été l'expression", a-t-il souhaité. "Je lance un appel à tous les centristes, ceux du Nouveau Centre et ceux qui ont milité antérieurement à l'UDF".

Par ailleurs, Thierry Cornillet, député européen du Mouvement démocrate (MoDem), a jugé lundi "suicidaire" la stratégie de François Bayrou, qui, selon lui, "sacrifie ses élus pour une chimère présidentielle".

"La stratégie de François Bayrou est suicidaire : il sacrifie ses élus pour une chimère présidentielle, et un parti qui n'a pas d'élus ne pèse pas dans la vie politique", a déclaré à l'AFP M. Cornillet, qui a annoncé dès dimanche soir son intention de créer un courant de centre droit au sein du MoDem.

Comme il l'avait déjà dit au congrès fondateur du Modem, en décembre 2007 à Villepinte (Seine-Saint-Denis), M. Cornillet a réaffirmé que "la stratégie de Bayrou a fracassé le centre, parce que c'est une stratégie qui manque de lucidité et d'honnêteté". Selon lui, le "scrutin majoritaire à deux tours (...) oblige à admettre qu'on a besoin, quel que soit son score de premier tour, d'un allié de deuxième tour".

Et l'honnêteté "consiste à dire avant le premier tour avec qui on va être alliés, sinon ça devient de l'opportunisme" qui "détruit l'image et la crédibilité de notre formation", a-t-il ajouté. "Il y avait 118 députés quand François Bayrou est devenu président de l'UDF en 1998, il en reste trois", a-t-il déploré. "On a perdu la moitié de notre groupe sénatorial, on n'a quasiment plus d'élus de terrain".

C'est pourquoi M. Cornillet, ancien président du parti radical valoisien (1997-1999), tout en "restant au Modem", propose une "clarification de ligne politique" passant par "un partenariat pour les réformes avec la majorité présidentielle". "Je ne veux pas laisser le piètre successeur de l'UDF aux mains d'une direction nationale qui continue à aller dans le mur", a-t-il affirmé.

Quelques explications !

Après vous avoir annoncé il y a quelques semaines que je ne reprendrai pas ma carte au parti de François Bayrou, j’ai renoncé ce lundi à continuer à soutenir le MoDem et ses leaders dans leur stratégie qui a conduit, depuis le soir du premier tour des présidentielles, à la dispersion stérile des centristes et à leur mort politique.

1451944513.jpgCeci ne remet pas en cause mon attachement au fait de mettre la personne humaine au cœur de l’action politique ; ceci ne remet pas en cause la grande finesse et la grande justesse que j’attribue aux analyses du président du MoDem sur la société d’aujourd’hui ; ceci ne remet enfin pas en cause l’affection que j’ai pour un certain nombre de cadres et de militants du MoDem, qui continuent à trouver la force de se battre malgré les deux échecs cinglants consécutifs qu’ils ont subis.

J’avais déjà failli quitter le MoDem cet été : j’y suis resté, encouragé notamment par la rencontre dans ma section parisienne de militants, de cadres et d’une tête de liste de grande qualité. J’ai beaucoup cru que les élections municipales seraient l’occasion pour le MoDem d’affirmer son influence et de peser sur la vie politique, parisienne notamment, pour les six prochaines années : le jusqu’au boutisme de Sarnez et ses erreurs stratégiques rendront au contraire le MoDem parisien totalement muet pour la prochaine mandature. Dans ces conditions, l’intérêt de se battre pour ce mouvement, au niveau local, apparaît limité.

Le suicide parisien

116235922.jpgParis est une vitrine et nécessitait, plus qu’ailleurs - et même qu’à Lyon – la présence de listes MoDem autonomes. Sarnez a construit ses listes et son projet, malgré les embuches qu’elle a rencontrées (notamment le départ chez Panafieu, en pleine constitution des listes, d’un certain nombre de ses cadres), et c’est une chose pour laquelle elle doit être remerciée et félicitée.

En revanche, elle s’est certainement vue trop belle ou trop forte, et se croyait incontournable au soir du premier tour. Sa principale erreur a été de refuser la clarté sur son choix de second tour, même si ses appels répétés envers Delanoë et ses critiques envers Panafieu, qui n’en avait pas besoin, laissaient entrevoir son orientation probable.

Les  conséquences sont désastreuses :

-          elle a déstabilisé les électeurs potentiels qui ne savaient pas à quelle sauce leur voix serait mangée le 9 mars au soir

-          elle s’est mise elle-même hors course de l’action municipale des 6 prochaines années en ne prenant pas, après le refus catégorique de Delanoë, la main tendue de Panafieu, qu’elle avait certainement trop critiquée, pensant que Delanoë se coucherait devant elle.

Soit on est clair avant le premier tour, et on s’assure des élus auprès du partenaire au soir du 1er tour, soit on ne prend pas parti du tout, mais on accepte de discuter avec les deux alternatives en course ! Marielle est restée entre deux, rejetée par un coté et rejetant l’autre !

La fusion avec les listes de l’UMP aurait certainement permis au MoDem de constituer un groupe de 5 à 10 élus au Conseil de Paris, lui conférant une certaine visibilité. A cause de Sarnez, le MoDem n’aura probablement aucun conseiller de Paris, et moins de 10 conseillers d’arrondissement ! Il est triste de remarquer que Cavada, sans courage politique, arrivera probablement à avoir un groupe indépendant avec ses amis d’avenir démocrate, et que Sarnez s’est rendue incapable de peser.

Le sens de la politique : l’action

Pour moi, la politique, c’est l’action, pas le témoignage. C’est mettre les mains dans le cambouis dès qu’on peut le faire et s’investir pleinement pour faire réussir son pays. C’est ainsi que les électeurs peuvent juger leurs candidats : sur des actes, et non seulement sur des idées ou ce qui peut apparaître comme une posture.

Un parti politique a besoin d’expérimenter ses idées, et de rendre visible ses résultats. Les législatives et les municipales sont perdues et ce n’est pas les cantonales, les européennes ou les régionales qui donneront une vraie visibilité au MoDem (qui connait ses représentants locaux ou européen ?). 

J’en suis convaincu : le MoDem aurait finalement gagné à participer au gouvernement, quitte à en partir en bloc le jour où la politique suivie ne convenait plus. Fort de cette crédibilité, mettant en valeur des personnalités capables d’être ministres, il aurait certainement été mieux à même de convaincre les électeurs de sa capacité à agir.

Il est facile d’être dans l’imprécation constante, de dire ce qui va et ce qui ne va pas, mais la politique c’est l’action. Et l’action, ça n’est pas dans 5, 10, 15 ou 20 ans, c’est tout de suite ! Finalement, Bayrou représente l’immobilisme et la frilosité face au changement, sous des airs de courage politique et d’abnégation : je suis de moins en moins convaincu que c’est un homme d’Etat.

L’avenir ?

775423175.jpgJe regrette aujourd’hui de ne plus trouver d’attache partisane où je puisse me reconnaitre. Les héritiers de Barre, Delors ou même Bourlanges sont orphelins aujourd’hui et réduits au témoignage. J’ai même tendance à penser que ceux-ci vont trouver dans les mois à venir un asile plus fécond dans une UMP qui pourrait devenir moins monolithique que dans tout autre parti : on en reparlera dans quelques semaines…

Et dès cette semaine, un nouveau post sur ce qui est pour moi un tragique suicide politique…

10.03.2008

C'est terminé

Le MoDem et moi, c'est fini ! La fin d'une aventure de moins en moins enthousiasmée.

Bonne chance à Sarnez (dont le score est selon moi un nouvel échec pour la n°2 du MoDem) et ses amis pour avoir un groupe ou au moins des élus, ce qui sera sans aucun doute difficile à Paris ; bonne continuation aux militants et sympathisants démocrates pour les combats à venir, dont je ne serai pas. Je vote au second tour dans mon arrondissement, et ça sera probablement dans le sens du "pluralisme" cher à FB...

Pour l'info sur le MoDem, que vous ne trouverez plus ici, je vous renvoie aux (très bons) blogs suivants :

L'Hérétique : http://heresie.hautetfort.com

Le petit grognard : http://jeunemodem31.hautetfort.com

MIP : http://marie-isabelle.hautetfort.com

 A bientot

Le Fond du Bocal

05.03.2008

Je ne blogue plus trop

Bon, ces derniers temps je ne blogue plus trop... Je n'ai pas trop de temps à consacrer à cette activité, ni beaucoup d'inspiration pour des reflexions à faire partager.

Pourtant la campagne parisienne bouge un peu (lire ici et la, par exemple), et cette forme de clarté dans les projets de Sarnez n'est à vrai dire pas pour me déplaire, surtout avant le premier tour. Je suis en effet convaincu qu'il est bien plus productif de dire où nous irons le plus probablement que de laisser les électeurs dans le vague. L'orientation supposée de Marielle semble déplaire à certains, qui ont fait le choix inverse. Pas très étonnant. Remarquez, on pourrait dire aussi « Avenir Démocrate, c’est la droite », en appliquant ce raisonnement…

Bon, voila, rien de très spécial, de très constructif, de très original à raconter ces temps ci, ça reviendra sûrement

29.02.2008

Reviens, Jean-Louis, le centre a besoin de toi...

Le Nouveau centre présente sur son site un article de JL Bourlanges, ex député européen UDF, soutien de Bayrou à la présidentielle et dont, avec le recul de 6 mois, je partage presque complètement l’analyse. J’avais déjà parlé de lui ici, vous comprendrez donc si ce n’était pas encore le cas que je l’apprécie bien et que je regrette sa mise en retrait forcée de la vie politique. J’attends d’ailleurs toujours son livre sur le centre…

Suis-je un modémiste déçu ? Oui, je l’affirme à nouveau ! Et je suis un centriste orphelin. Localement MoDem, car en phase avec le programme et les orientations des candidats parisiens, mais nationalement sans attache. Déçu de tout ce gâchis. Déçu par Bayrou dont j’admire toujours la sincérité de l’engagement et les capacités d’analyse fines de la société d’aujourd’hui, mais en qui je n’ai plus vraiment confiance pour conduire la réforme.

Allez, lisez plutot.

Bayrou, révolté immobile

François Bayrou est de retour. Les malheurs du pouvoir faisant le bonheur des opposants, le voici à nouveau campé dans son rôle de prédilection, celui de prophète procureur, stigmatisant l'indignité de la droite et la servilité du centre, dénonçant pêle-mêle le veau d'or et les paillettes, les capitalistes et les cléricaux, les traîtres et les collaborateurs, marchant sur le corps des notables de l'ancienne UDF comme sainte Jeanne de Chantal sur celui de ses enfants. En politique, l'ennemi, ce n'est pas l'étranger, mais le frère. Dans la haine comme dans l'amour, les copains d'abord !

Le procès des ex-copains mérite toutefois réflexion. Le Nouveau Centre est peut-être un camp de réfugiés, mais le vrai transfuge, c'est Bayrou lui-même. Ce qui frappe dans sa marche en crabe vers la gauche, c'est la profondeur du fossé qui le sépare désormais du credo de son ancienne famille. L'UDF était économiquement libérale, politiquement respectueuse des corps intermédiaires, éprise de solidarité atlantique, passionnément attachée à la construction européenne. Tout en Bayrou récuse cet orléanisme abhorré.

Ses héritages sont ailleurs. Ils lui viennent du général de Gaulle et de François Mitterrand. Son projet politique, encore virtuel, s'alimente à deux sources. D'abord un culte romantique du héros solitaire et rédempteur, placé "hors de toutes les séries" par la divine providence pour porter la lumière du monde. Ensuite, un antilibéralisme néocorporatiste de petit paysan catholique qui lui fait regarder le capitalisme et la privatisation avec horreur, les Etats-Unis avec les yeux de Tintin et l'Union européenne elle-même avec une méfiance grandissante. Bayrou n'est pas au centre, comme il vient au reste de le reconnaître, mais, simultanément, à la droite de la droite et à la gauche de la gauche.

Au moment où les patrons du CAC 40 délocalisent allégrement et s'adjugent des rémunérations pharaoniques, tandis que les Etats-Unis se perdent quelque part entre Bagdad et Guantanamo, que l'Europe rumine ses impuissances et que Sarkozy confond joyeusement libéralisme et ploutocratie, ce positionnement est électoralement porteur. Reste la question stratégique : le nouveau chantre de l'exception et du modèle social français devait-il rompre avec la droite ? La haine peut être mauvaise conseillère. Le tracteur Bayrou a besoin d'une terre meuble où labourer. La droite, volage, désinvolte et désormais déboussolée, aurait pu la lui offrir. Pétrifiée dans ses dogmes, ses anathèmes et ses appareils, la gauche risque d'être d'un granit plus résistant.

Mitterrand avait triomphé en s'emparant du PS et en sacrifiant généreusement au crétinisme programmatique. Bayrou joue d'un tout autre clavier. Son succès dans le monde enseignant, clef de sa percée présidentielle, lui a appris la puissance électorale du conservatisme. La réforme est à droite, le statu quo sera donc de gauche. Il faut changer la politique pour ne pas changer la société. Promettre un bouleversement d'opérette pour tourner sur leur gauche les apprentis sorciers du réformisme social-démocrate. François Bayrou inaugure une formule inédite : l'immobilisme révolutionnaire.